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Corinne Callon : la passion de la gym

Publié il y a environ un mois

Après avoir développé le Cacv-gym, le club de gymnastique de Combs-la-Ville (commune où elle réside), Corinne Callon a été juge internationale et Directrice technique nationale de la Fédération française de gymnastique. À 56 ans, elle officie désormais à l’Agence nationale du sport.

« J’avais des parents sportifs, professeurs d’EPS et dirigeants de fédération. L’activité sportive était ancrée dans notre culture familiale. À l’époque, nous habitions à Thiais, dans le Val-de-Marne. Je suis venue à la gym car il y avait un club près de chez nous. Je crois que c’était le meilleur d’Ile-de-France, d’ailleurs. » Nous sommes dans les années soixante-dix. La jeune Corinne est repérée par ses entraineurs, Bernard et Mireille Cayre, des athlètes de haut niveau qui ont participé aux Jeux Olympiques avant de devenir juges internationaux. Ils l’entrainent avec les meilleurs, à un rythme intensif. « Ils m’ont transmis leur passion de la gym. Et elle ne m’a jamais quitté ! » Corinne Callon évolue alors en N1 et s’entraine 20h par semaine, sans aménagement scolaire. Au collège, on lui propose d’intégrer un pôle dédié, mais ses parents ne souhaitent pas qu’elle devienne interne. Sa carrière de gymnaste ne pourra pas prendre l’envol souhaité.

Le développement du Cacv-gym

« J’ai rapidement voulu transmettre. Mais, quand j’ai eu mon bac, en 1981, entraineur n’était pas un métier. Je me suis donc tournée vers des études Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), et j’ai passé mon Capes pour devenir prof d’EPS. » Elle obtient son poste en 1985. Mais, dès sa journée terminée, elle retourne à sa véritable passion et entraine en club. Elle rencontre son futur mari sur une compétition, en 1986, et le suit à Combs-la-Ville, où il est entraineur. À deux, ils travaillent au développement du club. « Je souhaitais introduire la pratique compétitive pour transmettre les émotions que j’avais vécues en tant que gymnaste. » En 1987, Corinne compose un petit groupe de gymnases âgées de 6 à 9 ans et les entraine 3 fois par semaine. Une première génération de compétitrices qui va se qualifier en division nationale, en équipe. Une première dans l’histoire du club ! En 1993, ces précurseurs participent aux championnats de France de N3 et deviennent championnes de France en 1994, avant de passer en N2 la même année. En 1998, l’équipe 1 monte en N1 et évolue depuis à ce niveau. « La directrice actuelle du club, Romy Beckrich, faisait partie de cette génération. C’est une grande satisfaction, car on reste dans la transmission. Dans la même lignée, notre salle de gym, l’une des plus belles et la mieux équipée de France, a d’ailleurs été renommée Mireille Cayre en hommage à cette grande dame de la gym qui m’avait transmis sa passion et qui nous a quitté en décembre. »

Femme active et maman comblée

Professeur d’EPS et entraineur, Corinne Callon s’intéresse alors au jugement. « Je ne comprenais pas toujours les notes des juges sur mes gymnastes. J’ai donc obtenu mes diplômes pour passer de l’autre côté. La fédération m’a ensuite demandé si je voulais devenir juge internationale. » Une carrière ascendante et parfaitement logique pour une femme hyper active qui sait mener plusieurs activités de front. Cependant, alors qu’elle atteint la quarantaine, Corinne doit assumer des journées très remplies pendant lesquelles elle conjugue vie professionnelle et vie familiale. « J’ai 5 enfants. À 40 ans, mon ainé avait 10 ans, le dernier 5 ans et les triplés 7 ans. Je dormais peu et je souhaitais rester investie dans l’éducation de mes enfants. J’ai donc arrêté mon métier de professeur d’EPS en collège. » Ce qui ne l’empêche pas de retourner en classe. Mais, cette fois, pour suivre une formation à l’Insep afin de passer le concours de Professeur de sport et devenir Cadre technique au ministère des sports. Son diplôme en poche, elle rejoint en 2006 la Fédération française de gymnastique en tant que Cadre technique régional (Ile-de-France). Elle y reste 8 ans et suit, en parallèle, une formation de coach et d’accompagnateur du sport de haut niveau. En 2013, à la faveur d’un changement de gouvernance au sein de la fédération, elle postule au poste de Directrice technique nationale et l’obtient. « Je souhaitais participer à cette volonté de changement qui émergeait. Il y avait beaucoup de choses à revoir et de nouvelles impulsions à donner. »

La création de l’Agence nationale du sport

Sa mission de Directrice technique nationale prend fin en 2017, au moment où Claude Onesta, missionné par Laura Flessel, construit son équipe afin de trouver des solutions pour que la France obtienne les meilleurs résultats possibles aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. Corinne rejoint alors les 8 membres qui composent le groupe. « Notre challenge était d’imaginer et de construire un nouveau système pour être meilleurs demain. Cela a conduit à la création de l’Agence nationale du sport en 2019 avec un pôle Haute performance et une branche Développement du sport. Nous accompagnons toutes les fédérations olympiques et paralympiques afin de consolider ce qui fonctionne et de créer ce qui manque. »

Toujours un œil sur le club

Des fonctions qui ne l’empêchent pas de suivre l’évolution du Cacv-gym où, en véritable passionnée, elle continue d’exercer un rôle de conseil. Notamment autour du tournoi international de gymnastique de Combs-la-Ville. « Quand on a monté ce tournoi en 1996, il y avait deux enjeux : monter un événement d’envergure pour faire connaitre la région et le club, et donner de la cohésion au club en mobilisant les bénévoles. Nous sommes fiers, car tout cela a pris de l’ampleur. Le tournoi est bien assis et nous avons des relations régulières avec certaines nations qui reviennent régulièrement et avec nos partenaires locaux. Les collectivités sont des acteurs importants pour le développement du sport français. Grand Paris Sud a d’ailleurs été un gros soutien et nous a aidés à grandir. C’est pareil pour le dossier Terre de jeux 2024. On sent qu’avec l’agglo on bénéficie d’un soutien supplémentaire et complémentaire à celui de la ville. C’est important de sentir cet appui qui n’est pas que financier mais aussi d’expertise et de mutualisation. »

Crédits photos : Jean-Paul Loyer (1), Eric Miranda/Grand Paris Sud (2) et Grand Paris Sud (3).

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