Chargement...

©2020 grandparissud.fr
Tous droits réservés

Et après, qu’est-ce qu’on fait ?

Publié il y a 3 jours

Le déconfinement, c’est un soulagement. C’est aussi le redémarrage de nos activités et une opportunité de faire un pas de côté pour s’interroger sur la crise et surtout "l’après COVID-19". Qu’espérons-nous changer, transformer, améliorer, simplifier ou enrichir pour nous, pour notre territoire ? L’occasion pour Grand Paris Sud de recueillir la parole des habitants.

L’agglomération Grand Paris Sud a lancé une grande consultation pour connaître et analyser la manière dont nous vivons cette crise majeure, comment nous avons vécu le confinement, puis le déconfinement. Cette situation inédite a démontré nos capacités de résilience et de solidarité.

Chacun d’entre-nous en tire des enseignements pour nourrir la réflexion sur l’évolution de notre société et du territoire. Pour mieux appréhender cette diversité, l’agglo vous invite largement à témoigner via des questionnaires, entretiens et tables rondes.

Parmi les personnes interrogées, Nedra, d’Evry-Courcouronnes et directrice de maison de retraite, Julie, étudiante à l’IUT de Lieusaint, et Stéphane, de Tigery, fonctionnaire, nous livrent leurs réflexions.


Nedra Lise, directrice de maison de retraite, Évry-Courcouronnes.


  • Comment avez-vous vécu le confinement ?

Pour moi, c'était le confinement dans le confinement : en isolement strict dans ma chambre, pour ne pas contaminée ma famille. Avant même le 16 mars, j'avais attrapé la Covid-19 et j'ai dû être placée en isolement. Cette période a été à la fois la pire et la meilleure. La pire pour mes enfants de 5 et 8 ans qui craignaient de perdre leur maman : je devais les rassurer. Faire face à ma propre peur, lorsque j'ai été transportée aux urgences pour détresse respiratoire. Heureusement, je n'ai pas été sous respirateur artificiel ! Reste le meilleur, l'entraide, la solidarité. Ma famille, mes collègues, mes voisins m'ont soutenue et aidée à traverser cette crise.

Côté professionnel, la mise en place du protocole blanc de gestion de crise a accompagné le processus de mise en confinement, permettant de protéger efficacement les 141 personnes âgées de la résidence. Il a été performant, un unique décès est à déplorer, et une seule personne atteinte... moi.

  • Après le confinement, qu'est-ce qui vous paraît important de changer ?

Je commence par ce qu'il ne faut pas changer : les mesures barrière qui ont prouvé leur efficacité. Que la population continue de les appliquer pour se protéger et protéger les autres, les plus vulnérables.

J'aimerais aussi que les gens modifient leur regard sur le monde des soignants et des accompagnants. Les secteurs médicaux et médicaux-sociaux ont sauvé de nombreuses vies durant la pandémie. Nous méritons d'être mieux reconnus, soutenus. Les priorités du monde doivent changer et l'humain est prioritaire. De cette prise de conscience découlera un regard différent sur le monde médical et médico-social. Un changement en termes d'intérêt, de moyens et de salaires en découlera. Prendre soin de nos aînés est fondamental.

  • Quel changement envisagez-vous à titre personnel ?

Cette épreuve a renforcé ma philosophie de vie. Donner la priorité à ma famille, à ma santé, donner plus de sens à mon travail, à ce que j'accomplis. J'ai envie d'être plus bienveillante et bien traitante.

Quand j'étais si faible, j'ai beaucoup réfléchi à la maladie, au virus. Lui aussi, il fait partie de la vie. Cette évidence m'a permis de laisser faire mon corps. J'ai lâché le mental pour faire confiance à mon corps. Lui seul pouvait m'aider à guérir. Un important travail sur moi qui a laissé des traces, pour le meilleur.


Julie Alves, étudiante en licence pro, IUT de Lieusaint.


  • Comment avez-vous vécu le confinement ?

J'ai bien vécu le confinement car j'ai pu continuer ma licence pro d'intervention sociale. Les cours ont continué grâce à la vidéoconférence et l'université a maintenu l'encadrement. En revanche, être coupée des autres étudiants a été difficile. Parallèlement à ma licence pro, j'ai également continué à travailler dans le cadre de l'alternance : je suis coordinatrice sociale dans une association gérontologique. En raison de la distanciation physique, je ne pouvais me rendre au domicile des personnes âgées, mais j'ai géré à distance l'aspect administratif et l'aide à domicile.

  • Après le confinement, qu'est-ce qui vous paraît important de changer ?

Ce que j'aimerais voir changer ? Qu'à l'échelle du territoire, il y ait davantage d'initiatives écocitoyennes pour prendre soin de l'environnement. Par exemple, nettoyer les bois, les berges de Seine qui sont souvent sales. J'aimerais aussi plus de pistes cyclables pour circuler en sécurité. Il y en a encore peu à travers le territoire et c'est un moyen de déplacement écologique. j'aimerais aussi des sorties découverte, culturelles, historiques pour découvrir les autres communes du territoire. Je connais bien Le Coudray-Monceau mais je me suis aperçus que je connaissais mal l'agglomération. En plus, cela permettrait de rencontrer de nouvelles personnes et permettrait un partage intergénérationnel.

  • Quel changement envisagez-vous à titre personnel ?

Le confinement m'a permis de comprendre que je me nourrissais mal : trop de viandes, de sucreries, de choses superflues. Comme le confinement obligeait à limiter les déplacements, j'ai pris l'habitude de manger plus équilibré, à me limiter à l'essentiel. Je veux conserver ces bonnes habitudes alimentaires. J'ai également pris conscience que je restais trop à la maison et qu'il me fallait bouger davantage. J'ai envie d'activités sportives de plein air. Tout en prenant soin de moi, je rencontrerai des gens...


Stéphane Hardeman, fonctionnaire, Tigery.


  • Comment avez-vous vécu le confinement ?

Lors du confinement, le plus dur a été la privation de liberté. Heureusement nous avons une maison et un jardin. Et qu'il a fait très beau ! La plus grosse déception a été l'annulation de tous les week-end qui étaient prévus et de notre voyage en Pologne. La plus grosse déception a été l'annulation de tous les week-end Une pensée pour les personnes décédées et leurs proches. J'ai pu bénéficier du télétravail. Je suis peu allé sur place. Malheureusement tout s'est arrêté le 11 mai. J'ai continué le sport mais pas de la même façon pour tenir compte des règles du confinement. Mon épouse a pu rester à la maison pour s'occuper des enfants et ce n'était pas évident notamment avec notre fille au collège. La continuité des cours a bien été assurée aussi bien en primaire qu'au collège. Merci à tous les personnels qui se sont mobilisés pendant cette période, aux services publics, sans oublier les télétravailleurs qui sont peu reconnus, mais essentiels.

  • Après le confinement, qu'est-ce qui vous paraît important de changer ?

En raison de la récession économique (PIB en recul de 9 % et la dette plus de 115% du PIB), nous allons avoir nos salaires qui vont stagner et surtout une hausse des impôts car il faudra bien rembourser la dette. Vigilance sur ce point. Le télétravail devrait être privilégié, y compris dans la fonction publique, il y a les discours mais il y a la réalité du terrain.

  • Quel changement envisagez-vous à titre personnel ?

Profiter de la vie. La privation de liberté fait réfléchir. Profiter pour voyager, pour partir plus souvent lors de week-end courts, nous sommes déjà partis les deux premiers week-end après le confinement. Profiter des amis, profiter de la famille, peut-être plus qu'hier car on ne prend pas forcément le temps.


COVID TON SAC : LES 11-26 ANS TEMOIGNENT

Grand Paris Sud réalise une enquête auprès de la jeunesse (11-26 ans) du territoire pour connaître son ressenti sur la crise sanitaire. Sous quelque forme que ce soit (vidéo, graphique, numérique, débat…), sa parole sera analysée et fera l'objet d'une restitution à l'occasion d'un événement courant octobre 2020.


Sur cette crise et les changements à imaginer pour vivre ensemble, Grand Paris Sud lance une démarche d’écoute des habitants en 3 temps :

  • Juin-juillet, le temps de l’écoute

Plusieurs rendez-vous : une enquête sur le site internet, des entretiens et des ateliers enfants-jeunes et avec le soutien des villes de l’agglomération.

  • Juillet-août, le temps de la réflexion

A partir des données collectées, des conférences citoyennes permettront de réfléchir à "la vie avec le virus" et à "l’agglomération d’après".

  • Octobre, le temps de la restitution

Une synthèse globale nourrira un projet pour le territoire.


En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies qui permettent de réaliser des statistiques anonymes de fréquentation de ce site internet. En savoir plus