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L’affaire Tournesol

Publié il y a 21 jours

Bernard Schoeller, l’architecte qui a créé les fameuses piscines "Tournesol" est décédé le 5 avril dernier. Trois de ces 183 piscines atypiques et de plus en plus rares, sont situées à Grand Paris Sud. De Combs-la-Ville à Grigny, en passant par Lisses, retour sur un geste architectural qui a fait date.

Nous sommes en 1969. Suite aux mauvais résultats des nageurs français aux Jeux olympiques de 1968 et aux multiples noyades qui ont eu lieu au cours de l'été 1969, le secrétariat d'État chargé de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs lance le programme "1000 piscines" afin de développer l’apprentissage de la natation. Entre 600 et 700 piscines sont ainsi construites. Iris, Plein-Ciel, Plein-Soleil, ou encore Caneton : leurs noms, leurs formes et leurs spécificités sont variables. Mais les plus caractéristiques restent les modèles Tournesol, qui sont l’œuvre de l'architecte Bernard Schoeller. Une création pour laquelle il a été désigné lauréat des deux concours "1000 piscines". Il en construira 183 dans les années 70 et 80, en travaillant à son compte. Un projet qui l’a fait entrer dans l’histoire.

Une forme atypique

Il faut dire que ces piscines étaient, à l’époque, assez révolutionnaires. Elles étaient en effet dotées d’un toit de 6 m de haut en forme de coupole, avec des parois amovibles qui s'ouvrent aux beaux jours pour laisser passer les rayons du soleil, à la manière d'un tournesol. Une forme qui a marqué l’histoire architecturale de notre pays. C’est pourquoi, à Combs-la-Ville, la municipalité a souhaité conserver sa piscine Tournesol. « C’était important car il en reste très peu, confie Richard Riff, de Riff ArchitectureS. Beaucoup ont été démolies pour être remplacées par des centres nautiques flambant neufs. Nous avons donc préservé et recarrelé le bassin. Quant à la coupole, elle a été entièrement désossée. Seule la charpente a été conservée. Toutes les coques ont été retirées et nous avons changé les rails dédiés à l’ouverture. Nous l’avons ensuite rhabillée en bardage métallique recouvert de zinc. » À la fin des travaux, en août, l’équipement, modernisé et agrandi avec d’autres bassins et de multiples services, sera confié en gestion à Grand Paris Sud. Il rejoindra ainsi ses deux consœurs de Grigny et de Lisses.

Des vacances à la campagne

La piscine de Grigny est sortie de terre en 1975. Novateur, son système d’ouverture a immédiatement séduit l’équipe et les habitants pour qui l’équipement a toujours eu une grande importance. « Je suis arrivé en 1985 et j’ai découvert une piscine conviviale qui collait parfaitement à la ville, confie Patrice Lavergne, le directeur. Dès qu’elle s’ouvre, on a réellement l’impression d’être dans la nature, à la campagne ou en province, car les bâtiments ne sont pas très hauts à Grigny et on voit les arbres. Jusqu’en 2002, il n’y avait qu’un seul bassin mais, même avant la réhabilitation, c’est la convivialité qui primait. Ça a toujours été une piscine d’enfants. Beaucoup ne partent pas et la piscine c’est un peu le camp de vacances des Grignois. »

Entretien à domicile

À Lisses, la piscine du Long Rayage a vu le jour en 1979. Implantée dans la ville, en lisière de trois communes, elle a tout de suite joué un rôle de proximité et les habitants s’y rendent à pied ou à vélo. « Avec son bassin de 25 m, ses 4 couloirs, sa forme d’ovni et sa structure qui permet de découvrir le bassin selon la météo, c’est un équipement qui a tout de suite été révolutionnaire, explique Karine Picot, la directrice. Les piscines Tournesol sont les modèles qui ont le mieux vieilli. Tous les toits coulissables du modèle Caneton, par exemple, ont été assez rapidement condamnés. » Il existe une seule entreprise en France qui sait faire la maintenance des piscines Tournesol. Chance énorme, elle se trouve en Essonne. Une proximité qui permet un entretien régulier. « C’est sans doute la raison pour laquelle la piscine de Lisses peut encore s’ouvrir. Mais ça a un coup, car les structures, vieillissantes, sont gorgées d’eau. Elles ont pris du poids et ça joue sur le mécanisme d’ouverture. Il faut donc effectuer une révision tous les ans et remplacer des pièces. C’est un effort financier important pour Grand Paris Sud, mais on y tient. Pour le plus grand plaisir des usagers, d’ailleurs. » Certains visiteurs, en effet, ne viennent à la piscine qu’aux beaux jours, lorsque sa coupole s’ouvre au soleil. « C’est un plus, c’est très recherché. Ça donne un goût de vacances. L’été nous affichons souvent complet. » Et c’est ainsi que plusieurs dizaines de baigneurs peuvent, chaque année, se tourner vers le soleil pour profiter de ses rayons. Comme des tournesols, nous direz-vous ? Ce serait le bouquet !

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