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Zoom sur le sport adapté

Publié il y a environ un mois

Avec 66 000 licenciés, la Fédération Française du Sport Adapté (FFSA), qui fédère 83 disciplines différentes, 25 championnats de France et différents programmes d’activités, est un acteur qui compte. Pourtant, le sport adapté est encore mal connu du grand public. Petit coup de projecteur.

Cette pratique sportive est méconnue et pourtant elle concerne 65 000 licenciés en France, elle est organisée au niveau international et elle regroupe, à travers le monde, plus 6 000 sportifs de haut niveau dans 82 pays. Mais alors, concrètement, le sport adapté, c’est quoi ? « C’est le nom donné à la pratique sportive des personnes en situation de handicap mental et/ou psychique, explique Marc Truffaut, président de la Fédération Française du Sport Adapté (FFSA), et président de la Fédération Internationale du Sport Adapté, aka The International Fédération for para-athlètes with an intellectual disability, INAS. Cela comprend tous les types de handicaps mentaux que sont l’autisme, les personnes atteintes de trisomie ou le handicap psychique. »

Une fédération et des formations

Créé en 1971 à l’initiative de familles qui voulaient faire pratiquer des activités sportives à leurs enfants, la Fédération est un acteur de poids qui rassemble de nombreux sportifs en France (à titre d’exemple, avec 30 000 licenciés, l’handisport rassemble deux fois moins de pratiquants). Ainsi, la Fédération française organise 3 500 rencontres par an pour plus de 80 sports. Dans l’hexagone, 1 500 clubs proposent du sport adapté. Certains (1 000) ne font que ça et d’autres (500) proposent des créneaux ou disposent de sections spécifiques. « En sport adapté, tout doit être individualisé, commente Marc Truffaut. Il n’y a pas de règles d’apprentissage communes car chaque sportif à des besoins différents. La Fédération dispose d’un service de formation. Nous proposons des diplômes d’État et des attestations de qualification pour que les encadrants puissent se former. »

En loisir et en compétition

Le sport adapté se pratique essentiellement en loisirs, avec un impact avéré sur la vie quotidienne de nombreux pratiquants, qui gagnent en autonomie et osent sortir de leur zone de confort (certains apprennent à lire, d’autres se déplacent seuls pour faire leurs courses…). Mais il existe également une pratique de compétition très dynamique avec divers championnats de France et une pratique de haut niveau puisque, depuis 2009, 7 disciplines sont reconnues de haut niveau par le Ministère des Sports. Pour chacune d’entre elles, il existe des Pôles France à Reims, Poitiers, Vichy, Bourges et Lans-en-Vercors. Par ailleurs, après avoir pâti d’une sanction générale pour la tricherie de quelques-uns, le sport adapté a fait son grand retour aux Jeux paralympiques où il est représenté dans 3 disciples : l’athlétisme, la natation et le tennis de table.

Une ouverture aux autres

Le tennis de table, c’est justement le sport que Maëlys Fève, 15 ans, pratique depuis qu’elle a 10 ans. Repérée par un coach du club de Corbeil-Essonnes, elle s’inscrit dans cette discipline avec son père. Une véritable révélation pour cette jeune joueuse qui collectionne désormais les médailles en championnat de France. Entre ses entraînements au club et ses stages au Pôle France de Poitiers, la jeune fille fait montre d’un savoir-faire certain et connait ses points faibles. « Mes entraîneurs me disent de bouger un peu plus, de jouer dans le coin faible de l’adversaire, d’améliorer mes services et mes top spin. » Un engagement important, notamment pour son père, mais les résultats sont là. « Je l’ai vue s’épanouir, raconte David Fève. Avant, elle était renfermée, elle ne parlait pas, elle était très timide. Le sport l’a libérée. » Consciencieuse et motivée, Maëlys fait également le bonheur de Nicolas Prineau, son coach en compétition. « Elle évolue en sport adapté et en filière classique. Elle n’a aucun problème à jouer avec les autres. Il faut juste être plus calme et plus posé dans les explications. Ne pas hésiter à montrer les gestes. Il faut jouer à fond la carte de la pédagogie et amener les explications petit à petit. Pas tout d’un coup. »

À la portée de tous les clubs

Avec 160 adhérents, le club de tennis de table de Corbeil-Essonnes est un des 7 plus gros de l’Essonne. Il est le premier pour les féminines (plus de 40 licenciées). Depuis plusieurs années, il mise également sur le sport adapté. « Nous souhaitons développer notre sport et l’ouvrir à d’autres personnes que celles que l’on côtoie habituellement, commente Bruno Chamont, président de l'AS Corbeil-Essonnes Tennis de Table et président du Comité Départemental de Tennis de Table de l'Essonne. Or, il y a encore peu de pratiquants en sport adapté. Les possibilités de développement sont grandes. Nous sommes très fiers de Maëlys. Tant d’un point de vue sportif que personnel. Nous l’avons vue s’ouvrir et faire de nouvelles connaissances. Je veux dire aux clubs qui souhaiteraient accueillir des pratiquants en sport adapté que c’est accessible à tous. Le comité Départemental de Tennis de Table de l'Essonne et le Comité Départemental de Sport Adapté peuvent donner des renseignements à ceux qui le souhaitent. Ensuite, il suffit de prodiguer un peu d’attention, d’expliquer un peu plus lentement, mais c’est tout. Et on arrive à de très belles choses. »

Crédits photos : FFSA (1), ASCE Tennis de Table (2 et 3) et Adobe Stock (couverture)

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